Qui sont les faiseurs de tentes?

Paul «y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d’Italie avec sa femme Priscille, (...). Il se lia avec eux; et, comme il avait le même métier, il demeura chez eux et y travailla : ils étaient faiseurs de tentes.» Actes 18 : 2, 3
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Qui sont les faiseurs de tentes?

Paul a montré l’exemple du style de vie pionnier missionnaire : à certains moments, il était «fabricant de tentes». Voir par exemple : Actes 18 : 2-3. Pour lui, il n’y avait pas d’écart entre travail séculier et travail spirituel.

 

Le modèle missionnaire traditionnel véhiculé depuis deux siècles par les missions occidentales (le ministère à plein temps, soutenu financièrement à 100%) n’est pas applicable pour de multiples structures missionnaires émergentes des «Pays du Sud» : c’est trop coûteux, et dans beaucoup de cas ce n’est pas la meilleure stratégie.

 

Dans le Nouveau Testament, on trouve deux manières principales de financer le ministère : en étant «faiseur de tentes» ou en recevant un soutien des églises. Les deux sont légitimes. C’est le contexte qui détermine si l’on choisit l’un ou l’autre.

 

Dans un cadre pionnier païen, Paul a choisi d’être faiseur de tentes, pour être crédible et efficace. C’était une motivation non pas théorique, mais stratégique et contextuelle. C’était une conviction profonde pour lui.

 

II Cor 11 : 7-10 = Paul ne voulait pas être un fardeau pour les autres, de quelque façon que ce soit.

 

II Thes. 3 : 9-10 = Il encourage les autres à faire de même.

 

Le travail de faiseur de tentes comporte un mandat stratégique

Les faiseurs de tentes ont huit arguments en leur faveur :

 

  1. Ils sont mieux acceptés et plus crédibles aux yeux de la population locale.

Un missionnaire étranger soutenu à 100% par de l’argent étranger est considéré comme suspect par la population.

 

Pour que la population accepte le message, il faut d’abord qu’elle accepte le messager (I Cor 9 : 12). Celui-ci est avant tout un témoin.

 

 

  1. Ils s’identifient plus facilement avec la population locale.

Paul suivait l’exemple de Jésus (Phil. 2 : 5-10 / I Cor. 4 : 12) = il travaillait dur de ses mains, comme les autres gens, il gagnait leur respect, et pouvait ainsi atteindre un grand nombre de personnes.

 

  1. Ils proclament l’Evangile au moyen d’un travail séculier oint du Saint-Esprit.

Ils proclament la Parole par leurs actions, pas seulement par le langage verbal. Ils démontrent, par un style de vie authentiquement chrétien, que l’Evangile est aussi efficace dans les choses courantes de ce monde, au milieu des tempêtes de la vie quotidienne.

 

Exemples :

Un homme d’affaires qui refuse la corruption et la tricherie.

Un juge qui applique la justice, sans pots de vin.

Un médecin ou une infirmière qui exerce avec compassion et prie pour ses patients.

 

Le fruit d’un travail oint de l’Esprit est un témoignage qui ouvre la porte au témoignage verbal de l’Evangile.

 

  1. Ils sont au moins partiellement autonomes sur le plan financier.

C’est un atout important pour les missionnaires issus des pays du Sud, où le financement «à plein temps» des ouvriers est souvent plus délicat.

 

  1. Ils ont un «pont de relation» naturel avec la population locale, au moyen de leur travail séculier.

Le missionnaire payé à plein temps doit créer des occasions de rencontre avec la population autochtone : cela paraît parfois artificiel, anormal, suspect.

 

Le faiseur de tentes s’intègre tout de suite dans le milieu social, il entre rapidement en contact avec des dizaines de personnes et de familles, de façon naturelle, sans attirer l’attention. Il peut faire passer le message de l’Evangile de façon naturelle.

 

  1. Ils démontrent le modèle d’un style de vie chrétien pour les nouveaux convertis.

Dans un peuple non atteint, les nouveaux convertis n’ont aucun modèle, ils n’ont jamais vu de chrétien. Ils ne savent pas comment vivre la morale chrétienne au sein de leur culture.

 

Paul démontrait la vie chrétienne au sein d’une société immorale, idolâtre et pervertie. Il a aussi forgé chez les nouveaux croyants une solide éthique du travail, car sans cela, il ne peut y avoir de vrais convertis pieux, ni de familles en bonne santé, ni d’églises autonomes, ni une société productive.

 

Les nouveaux convertis doivent aussi apprendre à vivre sans argent extérieur, même dans des conditions menaçantes : le faiseur de tentes est un bon exemple pour eux.

 

  1. Ils donnent le modèle des bonnes stratégies de soutien et d’exercice du ministère, pour les futurs dirigeants des jeunes églises.

Au sein du mouvement d’implantation d’églises de maisons, celles-ci sont dirigées par des chefs de foyers qui travaillent et entretiennent leur famille. Les dirigeants ne sont pas salariés de l’église. Quand les missionnaires pionniers montrent le modèle (faiseur de tentes), cela paraîtra normal aux jeunes dirigeants de vivre selon ce même modèle.

 

C’est seulement quand le réseau de cellules de maisons sera assez important que les besoins de conducteurs à plein temps apparaîtra nécessaire : le potentiel financier sera alors suffisant pour établir de tels ouvriers, sans aide extérieure.

 

  1. Le modèle de faiseurs de tentes peut être multiplié plus facilement.

Le système missionnaire classique (envoyer des ouvriers payés à plein temps) est trop restreint face aux besoins actuels. Il ne permet pas d’envoyer des multitudes, mais seulement quelques troupes.

 

Attention : les faiseurs de tentes sont aussi des missionnaires « à plein temps».

Leur travail «séculier» est le cadre donné par Dieu pour exercer leur ministère. Ils prêchent continuellement, par des mots et par l’action.

 

Souvent ils travaillent à temps partiel, afin de nouer les contacts initiaux, et dans le reste de leur temps disponible, ils forment des disciples et édifient les croyants.

 

Paul insiste sur l’évangélisation dans le lieu de travail = c’est là que les gens passent une grande partie de leur temps. C’est le moyen d’infiltrer toutes les couches de la société, car c’est là qu’on peut rencontrer tout le monde.

 

Colossiens 4 : 5-6 : Paul a enseigné une stratégie et montré l’exemple de l’évangélisation sur le lieu de travail. Au moment donné par Dieu, le travailleur peut donner un conseil ou une parole pleine d’amour (de grâce) et défiante (avec une pincée de sel).

 

Le Nouveau Testament parle plus du style de vie, en matière d’évangélisation, que de techniques. Le faiseur de tentes est lui-même, en tant que personne, l’Evangile, la bonne odeur de Christ.

 

Les faiseurs de tentes peuvent être extrêmement efficaces.

 

Romains 15 : 19-23 : Paul avait achevé son ministère de faiseur de tentes et de planteur d’églises dans 6 provinces romaines, en 20 ans. Son travail séculier n’a jamais été un obstacle : son exemple et son engagement total ont mis au défi les croyants et les jeunes dirigeants qui l’ont suivi.

 

Comment choisir la bonne activité de faiseur de tentes?

Il faut considérer quatre facteurs :

 

Les dons et capacités du missionnaire

Chacun peut exercer dans un domaine où il a des dons ou une formation.

 

La formation séculière du missionnaire

Selon le métier qu’il a appris, le faiseur de tentes pourra continuer à exercer sa profession, au milieu de gens non-atteints

 

La réalité du pays de destination

Toute activité n’est pas opportune dans n’importe quel contexte : quand on veut atteindre une nouvelle région, un nouveau peuple, il faut étudier soigneusement quelles activités sont possibles, quels types de missionnaire (et quels dons) seront efficaces.

 

Les opportunités de travail dans la zone ciblée

La mondialisation bouscule la face du monde : même les pays les plus fermés à l’Evangile ont besoin de certains types de travailleurs étrangers (ex : au Moyen Orient). Ceux-ci peuvent être hautement qualifiés (ingénieurs – médecins – informaticiens – enseignants – etc.) ou sans qualifications précises (manœuvres – ouvriers sur les champs pétroliers – nourrices – etc.)

 

Exemple d’activités pour les faiseurs de tentes :

 

Travaux agricoles – jardinage, maraîchage

 

Commerce – monde des affaires

 

Micro-entreprises, petites boutiques (construction, mécanicien, artisan, etc.)

 

Enseignant : formation pour adultes – écoles privées – cours de langues – etc.

 

Domaine médical : clinique mobile – pharmacie villageoise – infirmier – etc.

 

Emplois consulaires et d’ambassades (en pays fermé par exemple)

 

Métiers de hautes compétences et de haute technicité (ingénieurs en électronique – médecins – chimistes – industrie pétrolière -etc.)

 

Métiers sans compétences particulières (manœuvre, nettoyage, nourrice, etc.)

 

 

 

Website :

http://matthieu2414.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=91&Itemid=38

Date : 29. 03. 2007

Mise en page et préparation Internet par :

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Article écrit par matthieu 24:14 / Trachsel Jean-Pierre

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