Christ et l’Eglise – 1. Appelé hors de

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03.02.2026
L’Église, projet éternel de Dieu, est l’assemblée (Ekklesia) de ceux appelés à sortir du monde. Bâtie par Christ, elle incarne son amour et sa sanctification, invincible et glorieuse.
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Table des matières

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« Appelés hors de »

 

1. Introduction

 

  • Christ et l’Eglise
  • Christ et l’Eglise = une réalité indissociable.
  • Une relation d’amour à l’exemple du mariage

 

  • Besoin de révélation
  • Christ et l’Eglise = ce grand mystère pour lequel nous avons besoin d’une révélation.

Ephésiens 5 :32

Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise.

 

  • Prions pour…

… que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, nous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de notre cœur, afin que nous sachions … (cf. Ephésiens 1 :15-23)

 

  • Présentation du cheminement effectué pour cette étude

Ce soir, je vais vous apporter ce que j’ai ressorti dans mon étude sur cette thématique et en même temps, je vais vous présenter le cheminement que j’ai suivi pour faire cela. Par moment ce sera un peu technique, mais cela vous permettra de suivre ce chemin que j’ai pris pour vous apporter le cœur de ce premier message qui s’inscrit dans cette série « Christ et l’Eglise »

 

Pour effectuer cette étude, j’ai commencé par me poser quelques questions de base comme si je ne savais rien sur le sujet.[1]

 

2. Premières mentions du terme « Eglise » dans l’Ecriture

Première question que je me suis posée :

 

  • Quand est-ce que le terme « Eglise » apparaît-il la première fois dans l’Ecriture [2]?

 

Réponse :

Matthieu 16:18

Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.

Procédure d’étude :

  • Lecture du passage dans son contexte immédiat (Mt 16 :17-20).
  • Puis lecture du passage dans son contexte plus large (Mt 16 :13 à Mt 17:13).

Note : Voici, ci-dessous, un exemple de la manière que l’on peut définir les limites de ce « contexte plus large ». D’autres découpages sont bien évidement envisageable.

  • Mt 16:13 « Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe » à A partir de là il y a un changement de contexte. C’est le point de départ que j’ai choisi pour ce « contexte plus large ».
  • Mt 16:21 « Dès lors Jésus commença… » à Le « dès lors » indique que ce qui suit à partir du verset 21 est en lien avec ce qui précède.
  • Mt 16:24 « Alors Jésus dit… » à Idem
  • Mt 17:1 « Six jours après… » à A première vue cette indication marque un changement du contexte. Toutefois ma compréhension de Mt 16:28 m’amène à ne pas dissocier cette expérience de la transfiguration qui a eu six jours après.
  • Mt 17:14 « Lorsqu’il furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter … » à Jésus et les disciples se retrouvent dans une nouvelle situation initiée par quelqu’un d’externe ; je choisi donc ce nouvel événement pour marquer la fin de ce « contexte plus large ».
  • Situer au mieux le cadre général dans lequel ces choses ont été dites afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble. Par exemple, cela nous permet de situer dans quelle période de son ministère Jésus a dit ces choses. Ou encore de découvrir que Jésus fait de nouveau référence à ce terme « Eglise » à la page suivante de notre Bible.

Deuxième mention de l’Eglise :

Matthieu 18:17

S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse aussi d’écouter, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.

 

 

 

Quelques réflexions découlant de cette 1ère question que je me suis posée :

Les deux textes que nous venons de lire sont d’une importance capitale dans la compréhension de l’Eglise. Ce soir nous n’allons pas les étudier en profondeur. Mais j’aimerai néanmoins vous donner quelques réflexions avant d’aller plus loin.

 

Jésus a dit « Je bâtirai mon Eglise ».

  • Ce premier texte qui fait référence à l’Eglise a été prononcé par le Seigneur lui-même.
  • Il dit mon Lorsque l’on parle de l’Eglise, on parle de « quelque chose » qui appartient au Seigneur. Il en est donc le propriétaire et le maître d’ouvrage.
  • Jésus a dit « je bâtirai ». Ce terme « bâtir » fait référence à une action entreprise, un projet de construction. Il s’agit d’un travail, d’un ouvrage.
  • En affirmant « Je bâtirai mon Eglise », Jésus déclare clairement qu’il est lui-même l’initiateur et le chef de ce projet de construction.
  • Jésus a dit « Je bâtirai mon Eglise ». Il parle au futur. Ce qui signifie qu’il est en train de dire que le démarrage du projet dont il est question n’a pas encore commencé au moment où il parle à ses disciples.

 

Précision :

Nous savons que le projet de l’Eglise est sur le cœur de Dieu avant même la fondation du monde (Ep 1:4). En disant « Je bâtirai mon Eglise » le Seigneur n’est pas en train de présenter l’Eglise comme un nouveau projet, mais il en en train d’annoncer le démarrage de l’exécution d’un projet que Dieu avait formé en lui-même de toute éternité (Ep 1 :9-10).

 

  • Dans le 2e texte de notre Bible qui parle de l’Eglise, Jésus donne à ses disciples des directives très précises sur la manière de gérer les situations de péchés.
  • Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et …
  • S’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux…
  • S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise, …
  • S’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi …
  • Dans le 1er texte, Jésus informe ses disciples qu’il va bâtir son Eglise et dans ce 2e texte, Jésus donne des instructions spécifiques en relation avec ce projet de construction.
  • En peu de mots et avec des instructions simples à comprendre, le Seigneur pose un cadre qui définit comment il veut que les choses se passe dans son projet qui est l’Eglise.
  • Alors que l’Eglise est sur le cœur du Seigneur, Jésus en a fait référence uniquement à ces 2 occasions ; c’est peu, mais ce qu’il a dit est concis et devrait retenir tout notre attention.

 

 

  • Quels sont les passages suivants qui nous parlent de l’Eglise ?

Réponse :

Actes 2 :46-47

Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés.

 

Récapitulons :

 

  • Première mention du terme « Eglise » (Mt 16 :18)
  • Nous avons vu que la 1ère mention du terme « Eglise » dans notre Bible vient de la plume de Matthieu qui rapporte les paroles de notre Seigneur « Je bâtirai mon Eglise ».
  • En faisant cela, Jésus est en train d’annoncer à ses disciples qu’il va démarrer l’exécution de son projet de bâtir son Eglise. Il précise bien que c’est Lui qui va prendre en main la responsabilité des opérations. Il dit : « Je bâtirai mon Eglise ».

 

  • Deuxième mention du terme « Eglise » (Mt 18 :17)
  • Dans le 2e passage de l’Ecriture qui fait mention de l’Eglise, le Seigneur donne à ses disciples des directives spécifiques concernant la manière de régler certaines situations qui vont se présenter. Ces instructions font parties de cette formation que les disciples ont reçue en prévision de pouvoir assumer leur futur service dans le cadre de ce projet de l’Eglise que le Seigneur allait prochainement démarrer.

 

  • Troisième mention du terme « Eglise » (Ac 2 :46-47)
  • Le 3e passage de l’Ecriture qui fait mention de l’Eglise est ce récit qui relate les événements qui se sont passés dès le jour de la Pentecôte.
  • Dans ce récit, nous voyons que « Le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés ». A partir de ce jour de la Pentecôte, nous voyons donc clairement apparaitre que le Seigneur est effectivement en train de bâtir Son Eglise.

 

  • Durant son ministère terrestre, il a dit à ses disciples « Je bâtirai mon Eglise », et maintenant, dès le jour de la Pentecôte, nous voyons Jésus en train de bâtir son Eglise.

 

 

 

  • Conclusion

En conclusion de cette première partie, j’aimerai nous inviter à nous sentir plus que jamais concernés par l’Eglise de notre Seigneur.

 

  • L’Eglise, c’est le projet que Dieu avait formé en lui-même de toute éternité.
  • Nous sommes actuellement dans cette période durant laquelle le Seigneur est en train de bâtir son Eglise.

 

Si je veux m’intéresser à Christ, je dois m’intéresser à ce qu’il est en train de faire. Et Christ est actuellement en train de bâtir son Eglise. L’Eglise c’est le projet que Dieu a formé en lui-même. Je ne peux donc pas dissocier le projet de Dieu de la personne de Dieu.

 

C’est pour cela que j’aimerais nous encourager à ce que l’on fasse les efforts nécessaires pour qu’ensemble nous arrivions à saisir et à vivre davantage les profondeurs de la réalité de l’Eglise.

 

 

 

 

3. Terminologie

Après ces deux questions préliminaires, j’ai continué mon étude en me posant différentes questions en relation avec la terminologie du terme « Eglise ».

 

  • Quel est le terme grec qui a été traduit par « Eglise » ?

Réponse :       Ekklesia (ek-klay-see’-ah)

 

  • Recherche des passages mentionnant le terme « Ekklesia »

Quels sont tous les endroits où ce terme « Ekklesia » apparaît dans l’Ecriture ?

  • Recherche non plus sur le terme « Eglise » en français, mais sur le N° strong 1577.
  • Le terme Ekklesia apparaît 113x (selon la version grecque utilisée par Segond).
  • Dans la version Segond ce terme est traduit la plupart du temps par Eglise, et une dizaine de fois par assemblée. (104x Eglise / 9x Assemblée).
  • On retrouve approximativement les mêmes proportions dans les versions Osterwald et Martin.
  • Survol de ces différents passages.

Ce survol des différents textes qui mentionne ce terme « Ekklesia » permet en quelques sorte de poser les « pièces du puzzle » sur la table et de réfléchir à comment s’y prendre pour traiter la thématique que l’on étudie. Cela permet également de ressortir certaines particularités utiles à la compréhension générale de la thématique.

Exemple : « L’Ekklesia » dans le discours d’Etienne

Actes 7 :38

C’est lui qui, lors de l’assemblée <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)> au désert, étant avec l’ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï et avec nos pères, reçut des oracles vivants, pour nous les donner.

 

  • Pour parler de ce peuple qui a été « tiré hors d’Egypte » et rassemblé pour servir l’Eternel, Etienne utilise le mot « Ekklesia ».

  

  • Quel est l’étymologie de ce terme « Ekklesia » ?

Mot composé de 2 termes et d’un suffixe :

Ekklesia = Ek + (Klesis + -ia)

 

  • Quel est le sens du terme « Ek » ?
  • Ek = Hors de

 

  • Quel est le sens du terme « klesis »
  • Klesis est un dérivé de kaleo
  • Kaleo à  c’est l’action d’appeler (Ekkaleo : c’est l’action « d’appeler hors de »)
  • Klesis à  c’est l’appel reçu (ou la vocation)

 

  • Quel est le rôle du suffixe « -ia » ?
  • Le suffixe « -ia » permet de « transformer » un terme définissant une action ou un état en un terme définissant une réalité constituée (ou une entité formée).

 

  • Klesis à  C’est l’appel reçu, la vocation
  • Klesia à  C’est l’entité que forme ceux qui ont répondu à l’appel

 

En résumé :

  • Ek à  Hors de
  • Kaleo à  C’est l’action d’appeler
  • Ekkaleo à  C’est l’action d’appeler hors de
  • Klesis à  C’est l’appel reçu, la vocation
  • Klesia à  C’est l’entité que forme ceux qui ont répondu à l’appel

 

L’Ekklesia c’est donc :

  • « L’entité que forment ceux qui ont répondu à l’appel de sortir hors de »

 

Ou dit autrement :

  • « L’Assemblée de ceux qui ont répondu à l’appel de sortir hors de »
  • D’où vient ce terme « Ekklesia » ?

Le mot « Ekklesia » n’a pas fait son apparition dans la bouche de notre Seigneur Jésus. Jésus a parlé en araméen et non en grec (cela ne signifie pas pour autant qu’il ne connaissait pas le grec). Ce qui est sûr, c’est que pour rapporter les paroles de Jésus « je bâtirai mon Eglise » Matthieu a utilisé le mot grec « Ekklesia ». Matthieu n’a pas non plus créé ce mot ; mais il a simplement utilisé un mot qui existait dans le vocabulaire grec de l’époque.

Le terme « Ekklesia » a fait son apparition en Grèce dès la fin du 7e siècle av. Jésus-Christ. A son origine il signifiait : un appel à sortir, à se rassembler, une convocation (très souvent pour prendre les armes). Par la suite, ce terme prendra une signification plus spécifique (voir point suivant). L’usage de ce terme gagnera en importance dès le 5e siècle.

 

  • Quel était l’usage de ce mot dans la civilisation grec de l’époque ?

Dans les cités grecques, l’Ekklesia représentait l’assemblée des citoyens qui se réunissait pour administrer la vie politique.

Elle était composée de ceux qui avait été « appelés hors de leur foyer » pour s’occuper des affaires publiques. Pour faire partie de cette assemblée, il fallait remplir certaines conditions. Et la personne qui se présentait à l’Ekklesia sans y avoir le droit risquait la peine de mort.

Nous avons dans la Bible, un exemple qui nous montre que ce terme « Ekklesia » était utilisé par les Grecs. (Lecture Actes 19 :29-41).

Dans ce récit nous voyons apparaitre à 3 reprises, le même terme que celui que Matthieu a utilisé pour rapporter les paroles de Jésus « Je bâtirai mon Eglise ».

v.32 Les uns criaient d’une manière, les autres d’une autre, car le désordre régnait dans l’assemblée <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)>, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils s’étaient réunis.

v.39 Et si vous avez en vue d’autres objets, ils se régleront dans une assemblée <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)> légale.

v.41 Après ces paroles, il congédia l’assemblée <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)>.

 

  • Dans ce passage, l’utilisation de ce terme n’a bien évidemment rien à voir avec l’Ekklesia du Seigneur.
  • A noter que le terme « Ekklesia » n’était jamais utilisé pour désigner un lieu mais uniquement l’ensemble des personnes réunies. Le versets 29 et 31 nous montrent que l’Ekklesia se rassemblait dans le théâtre.

 

  • Qu’en est-il du terme « Ekklesia » dans l’ancien testament ?

Une question un peu spéciale lorsque l’on sait que Ekklesia est un terme grec et que les livres de la Thora, des prophètes et des psaumes ont été écrit en hébreux ou en araméen.

Mais du fait que le terme grec Ekklesia existait avant que les apôtres l’utilisent, je me suis demandé si ce terme avait été utilisé dans la traduction grecque de l’AT.

Réponse :

Effectivement, le terme Ekklesia a été passablement utilisé dans la version grec « Septante[3] ».

Il a été utilisé pour traduire en partie le mot hébreux <06951 qahal (kaw-hawl’)> qui a été traduit en français par assemblée.

Remarque :

En hébreux, il y a principalement 2 termes qui nous ont été généralement traduits par assemblée.

 

  • <06951 qahal (kaw-hawl’)>

Vient de 06950 qahal (’ kaw-hal’)

 

<06951 qahal (kaw-hawl’)>      = L’assemblée

<06950 qahal (’ kaw-hal’)>        = L’action d’assembler, de convoquer

 

  • Il s’agit donc d’une assemblée que l’on a convoquée.

 

  • C’est ce terme « qahal » qui a, en partie, été traduit dans la version « Septante » par Ekklesia.
  • Ce terme est à la racine du livre du « Qohélet (ou Kohelet) » = L’Ecclésiaste

 

  • 05712 ‘edah (ay-daw’)
  • Il s’agit de l’assemblée en tant que communauté instituée.
  • Dans la version « La Septante », ce terme n’a pas été traduit par Ekklesia.

 

 

  • Existait-il d’autres termes grecs pour parler d’assemblée ?

Nous avons vu que le terme « Ekklesia » désignait quelque chose de bien spécifique dans la vie politique de la Grèce antique. Néanmoins, les apôtres ont choisi ce terme pour désigner une réalité spirituelle (le corps de Christ) qui n’a rien à voir avec cette assemblée politique de la Grèce.

  • Les apôtres n’avaient-il pas à disposition d’autres termes pour parler de ce rassemblement de ces personnes qui dès le jour de la Pentecôte ont acceptés la Parole, furent baptisés et ont ensuite persévérés dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières ?
  • Le dictionnaire grec de l’époque était-il tellement pauvre au point qu’un homme instruit tel qu’un Luc (qui était médecin) doivent utiliser ce terme « Ekklesia » pour désigner ce rassemblement de celles et ceux qui avaient cru ? à Désigner un rassemblement de croyants à Jérusalem avec un terme qui fait référence à une assemblée politique de la Grèce païenne !!
  • Et Paul, qui affirme avoir été instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi ? Quelle idée a-t-il eu pour utiliser si abondamment un terme qui fait référence à une démocratie païenne alors que la compréhension même de la vie politique du peuple juif est celle d’un royaume ?

N’y avait-il vraiment pas d’autres termes pour désigner le rassemblement du peuple de Dieu ? à La réponse est OUI ! Le vocabulaire grec était riche, et les apôtres avaient d’autres termes à leur disposition ! Voici 2 exemples :

  • « Sunagōgē »
  • Tiré du verbe « sunagein » à rassembler, réunir, mener avec soi.

(« sun » = avec, ensemble) + (« agein » = conduire, mener)

  • Un terme qui signifiait rassemblement, assemblée.
  • Avant de désigner un lieu, il désignait un rassemblement de personnes (une réunion).
  • A noter que le mot « synagogue » vient du grec de non de l’hébreux !

 

  • « Syllogos »
  • Un terme qui désignait, un rassemblement, une assemblée.
  • Un groupe de personnes qui se réunit.
  • Utilisé pour désigner un type de réunion moins formelle que l’ekklesia officielle.
  • Utilisé pour des réunions privées, des cercles de discussion, des associations.
  • Malgré un éventail de mots plus large, les apôtres ont délibérément choisi « Ekklesia » !

 

  • Pourquoi les apôtres ont-ils utilisés ce terme « Ekklesia »

Ces derniers ne sont pas là pour nous expliquer la raison de leur choix !

Nous pouvons simplement constater qu’ils ont utilisés ce terme « Ekklesia » pour identifier cet ensemble des disciples de Jésus-Christ qui reçurent et acceptèrent la Parole.

Ils ont utilisé ce terme « Ekklesia » aussi bien pour parler de l’ensemble du corps de Christ que d’un rassemblement de ce corps à l’échelle locale ou régionale

Colossiens 1:18

Il est la tête du corps de l’Eglise <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)>; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.

 

1 Corinthiens 16:19

 Les Eglises <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)> d’Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l’Eglise <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)> qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur.

Le ciel et la terre passeront, mais les paroles de notre Seigneur ne passeront point. Ses paroles sont éternelles. Le Seigneur a dit « Je bâtirai mon Eglise ». Et pour rapporter les paroles du Seigneur, Matthieu a utilisé le terme « Ekklesia ».

  • A part des ruines, il ne reste plus grand-chose de l’empire grec et de son illustre « Ekklesia politique ».
  • Mais le sens du mot « Ekklesia » que Matthieu, Luc, et les autres apôtres ont utilisés, n’a pas vieillit. Aujourd’hui encore, le mot « Ekklesia » reste « Ekklesia » ! Même en 2026, l’étymologie nous rappelle quel est le sens de « l’Ekklesia ».
  • L’Assemblée du Seigneur :
  • Ce n’est pas une simple « Syllogos », c’est-à-dire une assemblée, une réunion privée entre personnes qui ont décidé de se retrouver ensemble parce qu’elles partagent les mêmes centres d’intérêts. Des personnes qui se réunissent si possible de manière pas trop formelle.
  • Ce n’est pas non plus premièrement une « Sunagōgē », c’est-à-dire un rassemblement de personnes que l’on conduit.
  • L’Assemblée du Seigneur, c’est premièrement l’« Ekklesia ». C’est-à-dire l’Assemblée de ceux qui ont répondu à cet « appel à sortir hors de ».

 

  • Du terme « Ekklesia » à « Église »

Nous avons vu le sens de ce mot « Ekklesia » que les apôtres ont choisis pour désigner le corps de Christ soit dans sa dimension universelle, soit dans le rassemblement de ce corps à l’échelle locale ou régionale. Voyons maintenant l’évolution de ce terme et comment nous en sommes arrivés à notre terme francophone « Eglise ».

 

Dès le 7e siècle av. J-C Apparition du terme Ekklesia en Grèce

= un appel à sortir, à se rassembler, une convocation (très souvent pour prendre les armes)

ekklesia
Dès le 5e siècle av. J-C L’Ekklesia définit l’assemblée des citoyens grecs appelés et convoqués « hors de leur foyer » pour s’occuper des affaires publiques de la cité. ekklesia
Entre le 3e et le 2e siècle av. J-C Utilisation du terme Ekklesia dans la traduction « La Septante » (Trad. de l’AT de l’hébreux au grec) ekklesia
Dès le 1er siècle Matthieu utilise ce terme « Ekklesia » pour rapporter les paroles de Jésus « Je bâtirai mon Eglise ».

Dans l’ensemble du nouveau testament, les apôtres reprennent abondamment ce terme « Ekklesia ».

Jusqu’à cette époque le terme « Ekklesia » ne désignait jamais un bâtiment.

ekklesia
A partir du

2e – 3e siècle

Avec la culture latine la prononciation du terme « Ekklesia » se transforme en « Ecclesia ».

Quelques auteurs commencent à utiliser le terme « Ecclesia » pour désigner également le lieu de culte.

ecclesia
Dès l’an 313

(Edit de Milan)

Sous l’empereur Constantin, l’utilisation du terme « Ecclesia » pour désigner le bâtiment sera généralisée. ecclesia
Vers le 6e et

le 7e siècle

Par adaptation linguistique, on passe de ecclesia à une forme comme esclisia ou eclesie ou encore eglisie esclisia

eclesie

eglisie

Vers le 10e et

le 11e siècle

La forme esglise se fixe dans les textes en ancien français. esglise
En 1740 Modification officielle par l’Académie française Église

 

  • Conclusion

En conclusion de ce chapitre sur la terminologie du terme « Ekklesia – Eglise » je dirais :

 

  • Que les apôtres ont délibérément choisi d’utiliser ce terme « Ekklesia » pour parler de ce que le Seigneur est en train de bâtir depuis le jour de la Pentecôte.
  • Que le terme Eglise que nous avons dans nos bibles découle directement de ce terme Ekklesia et cela non par un changement de sens, mais par une évolution linguistique.
  • Que la signification du terme « Ekklesia – Eglise » est fondamentale si nous voulons comprendre le merveilleux projet que le Seigneur est en train de réaliser depuis le jour de la Pentecôte.

 

Je ne fais pas partie de l’Eglise parce que je me réunis avec d’autres pour lire la Bible, pour chanter, et pour prier, mais je fais partie de l’Eglise parce que j’ai entendu l’appel de Dieu et que j’y ai répondu par la conversion.

 

C’est le Seigneur qui ajoute à son « Ekklesia » les personnes qui ont entendu et qui ont reçu son appel.

Et pour recevoir cet appel qui nous permet d’être ajouté à son « Ekklesia », je vous invite à écouter ce qui sort de la bouche de l’Ecclésiaste  à Le Qohélet !

 

 

4. Moi, l’Ecclésiaste…

J’aimerai vous inviter à lire ce livre, non pas comme étant l’exposé d’un vieil homme dépressif qui essaie de faire la morale à la génération suivante, mais comme un véritable appel de la part Dieu.

Un appel par lequel Dieu parle encore aujourd’hui par la bouche d’un homme qui se rend compte dans ses vieux jours, qu’il a gaspillé toute une partie de sa vie, en passant à côté de l’essentiel.

 

  • Lecture textes bibliques :
  • Ec 1 :1-2
  • Ec 1 :12-18 + 2 :1-23

 

 

  • Représentons-nous un peu la vie de cet homme.

A base de ces textes et de ce que l’on peut ressortir dans le livre des rois, le livre des chroniques, … j’ai essayé de dresser un « tableau » de la vie de Salomon. Il est bien évidement incomplet, mais cela nous permet d’avoir devant nos yeux durant quelques minutes, une représentation de ce qu’a été la vie de cet homme.

  • L’Ecclésiaste…
  • Il a été roi sur Israël durant 40 ans. Il a donc été au sommet du pouvoir politique et a mené la nation d’Israël à son apogée.
  • Il a appliqué son cœur à rechercher la Celle-ci était connue loin à la ronde.
  • Il a essayé de sonder et de comprendre tout ce qui se fait sous le soleil. C’était un investigateur dans les différentes branches de la science et de la philosophie.
  • Sa connaissance dans de nombreux domaines surpassait ce qu’on pouvait raconter de lui. Il excellait dans le savoir et dans la culture générale.
  • Sa renommée était connue de tous les peuples et on venait de loin pour l’écouter.
  • Sa grandeur rayonnait dans de nombreux domaines (intellectuel, scientifique, militaire, économique, architectural, diplomatique, …). Il était plus grand que tous ceux qui étaient avant lui.
  • Il a amené la prospérité dans le pays en rendant l’argent et l’or aussi communs que les pierres.
  • Il a réalisé des projets d’une envergure gigantesque (temple, palais royal, fortifications des villes, …)
  • En apportant la paix et la prospérité au peuple il est devenu populaire.
  • Sur ses propriétés terrestres, il s’est bâti des maisons, a réalisé des jardins, a planté des vignes, des arbres fruitiers de toutes espèces, de la forêt, a créé des étangs, …
  • Il travaillait dur tout en prenant plaisir à son travail.
  • Sa puissance militaire était reconnue sur le plan international.
  • Il a renforcé sa supériorité internationale par des mariages diplomatiques.
  • L’accumulation de ses richesses a été à l’image de ces 22 tonnes d’or qui lui arrivaient chaque année.
  • Avec ses nombreuses compétences, il a développé une carrière multi-casquette.
  • Il ne se limitait pas à thésauriser, mais il était également un investisseur. Il avait compris les mécanismes du réinvestissement de ses richesses afin d’en produire encore davantage.
  • Il savait également investir dans des ressources humaines en s’entourant des meilleures spécialistes. Au travers des excellentes conditions sociales qu’il proposait, ses employés restaient à long terme. C’était un employeur « premium ».
  • Incarnant le consumérisme, il ne se privait de rien de ce que ses yeux désiraient.
  • Malgré tout ce qu’il possédait, il n’était pas satisfait et restait dans une quête perpétuelle du bonheur.
  • Il a essayé de combler ce vide par l’alcool.
  • Son immense sagesse ne l’ayant pas comblé, il a essayé la voie de la sottise et a même décidé de s’attacher à la folie.
  • Insatiable, il s’est procuré des femmes en grand nombre (700 princesses et 300 concubines).
  • Pour assurer ses divertissements, il s’est procuré des chanteurs et des chanteuses.
  • Sa recherche du plaisir n’avait pas de limite. Il ne se privait de rien.

 

 

 

  • Réflexion

Avec ce tableau sous nos yeux, j’aimerais que l’on se pose la question suivante :

 

  • Y’a-t-il quelque chose que l’homme recherche que l’Ecclésiaste n’a pas pu expérimenter ?

 

A la fin de sa vie, l’Ecclésiaste, cet homme qui ne s’est privé de rien nous laissera un testament dans lequel il nous dira, redira, et répétera tout au long de ce livre :

 

  • Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent.

 

Voilà la conclusion faite par un homme qui a été au sommet de la gloire, de la richesse, du pouvoir, de la réputation, de la connaissance, de l’économie, de la puissance militaire, …   et même de la sagesse.

Voilà la conclusion d’un homme qui ne s’est privé de rien de ce que le monde avait à proposer.

 

  • L’Ecclésiaste appelle

Ce discours de l’Ecclésiaste est un véritable Ekkaleo (action d’appeler hors de), …

… un appel que le Seigneur adresse à l’humanité à sortir de cette illusion mensongère dans laquelle se monde est plongé.

 

C’est un appel adressé en particulier à la jeunesse de tous les temps afin que celle-ci ne doive pas faire, à la fin de sa vie, le dramatique constat que l’Ecclésiaste a dû faire :

 

« J’ai passé ma vie à poursuivre le vent ! Et me voilà maintenant dans cette saison de la vie ou je dois me rendre à l’évidence que la poussière va retourner à la poussière ! » 

 

Ecclésiaste 3:20

Tout va dans un même lieu ; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière.

 

C’est pourquoi cet appel du ciel se termine par une conclusion que chaque homme sur la terre devrait prendre avec le plus grand sérieux.

 

 

  • Lecture textes bibliques :

Lisons maintenant la conclusion de l’Ecclésiaste !

  • Ec 12 :1-10
  • Ec 12 :15-16

 

Ecclésiaste 12 :15-16

Ecoutons la fin du discours ! Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

 

  • Un appel à considérer la valeur de ce que Dieu fait

Aujourd’hui, cet appel de l’Ecclésiaste retentit encore comme un appel que le Seigneur adresse à ceux qu’Il a choisi pour faire partie de son Ekklesia, l’Eglise.

 

L’Ecclésiaste nous invite à considérer la préciosité et la valeur de ce que Dieu fait.

Ecclésiaste 3 :11, 14

11 Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin.

14 J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu’il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne.

 

  • Dieu fait toute chose bonne en son temps !
  • Ce que Dieu fait durera toujours !

 

Matthieu 16 :18

… je bâtirai mon Eglise <1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)>, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.

Ephésiens 5 :25-27

…Christ a aimé l’Eglise<1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)>, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en l’a purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Eglise<1577 ekklesia (ek-klay-see’-ah)> glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable.

 

  • En son temps (à la Pentecôte), le Fils de Dieu a commencé à bâtir son Eglise.
  • L’œuvre que Dieu fait est bonne. Il a aimé l’Eglise et l’a purifiée afin de la faire paraître devant lui glorieuse, sans tache, ni ride, …
  • L’Eglise est invincible, elle durera toujours. Toute la puissance du séjour des morts ne peut détruire l’œuvre de Dieu.

 

5. Conclusion

 

J’aimerais conclure ce premier message de la série « Christ et l’Eglise » en rappelant que l’Eglise n’est pas simplement un rassemblement de croyant, mais c’est « l’Ekklesia » du Seigneur, c’est-à-dire cette « Assemblée de ceux qui ont répondu à cet appel de sortir hors de ».

 

Elle est composée d’hommes et de femmes qui savent qu’ici-bas tout est vanité et poursuite du vent. Des hommes et des femmes qui ont entendu résonner cet appel du Roi des rois qui les convie à la table des noces de l’Agneau.

 

  • Ces hommes et ces femmes savent qu’ils ont été rachetés à grand prix.
  • Ils sont fiers de savoir qu’ils sont maintenant citoyens des cieux.
  • Etant au bénéfice de ce droit de cité, ils sont donc invités à participer activement à l’Ekklesia du Seigneur pour assumer tout ce qui doit être fait dans le Royaume de Dieu.
  • Animée par cet appel, c’est avec enthousiasme, détermination, et fidélité que cette assemblée de personnes choisies par Dieu, aime se réunir pour vivre ensemble les réalités d’une épouse qui se prépare pour ce jour glorieux des noces de l’Agneau.

[1] Se positionner de cette manière est une condition optimale pour que le Seigneur puisse nous rafraichir ce que nous savons déjà et nous permettre de découvrir de nouvelles profondeurs dans la révélation de Sa Parole.

 

[2] Rechercher la première fois qu’un terme apparait dans l’Ecriture est une approche que je pratique assez régulièrement lorsque je veux étudier une thématique spécifique. De manière générale, je constate que cela permet de bien démarrer l’étude en posant une base solide.

 

[3] La référence que je fais à la traduction « Septante » ne signifie pas pour autant que je valide cette dernière. La complexité du débat autour de cette traduction nous oblige à prendre celle-ci avec retenue. Il est néanmoins intéressant de relever que le terme « Ekklesia » était largement présent dans cette traduction grecque de l’AT que les apôtres avaient probablement à disposition.

 

Article écrit par Mayor Pierre

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